Chroniques

[CHRONIQUE] A Silent Voice.

A Silent Voice.

Bonjour, aujourd’hui petite chronique un petit peu spéciale, parce que je vais vous parler non seulement de manga, de harcèlement scolaire, et je vais mélanger à ça mes premières expériences en tant que professeure de français.

Auteur : Yoshitoki Oima

Editeur : Ki-Oon

Genre : Shônen

Nombre de pages : 192

Résumé : Shoko Nishimiya est sourde depuis sa naissance. Même équipée d’un appareil auditif, elle peine à saisir les conversations, à comprendre ce qui se passe autour d’elle. Effrayé par ce handicap, son père a fini par l’abandonner, laissant sa mère l’élever seule. Quand Shoko est transférée dans une nouvelle école, elle s’emploie à surmonter ses difficultés mais, malgré ses efforts pour s’intégrer dans ce nouvel environnement, rien n’y fait : les persécutions se multiplient, menées par Shoya Ishida, le leader de la classe. Tour à tour intrigué, fasciné, puis finalement exaspéré par cette jeune fille qui ne sait pas communiquer avec sa voix, Shoya décide de consacrer toute son énergie à lui rendre la vie impossible. Psychologiques puis physiques, les agressions du jeune garçon se font de plus en plus violentes… jusqu’au jour où la brimade de trop provoque une plainte de la famille de Shoko, ainsi que l’intervention du directeur de l’école. À cet instant, tout bascule pour Shoya : ses camarades, qui jusque-là ne manquaient pas eux non plus une occasion de tourmenter la jeune fille, vont se retourner contre lui et le désigner comme seul responsable…

Mes élèves sont fans de manga, et moi aussi. Mais malgré cette apparence bien heureuse subsiste quelque chose que nous sommes nombreux à connaître : Le harcèlement scolaire. Les enfants ne sont pas tendres entre eux, et ce n’est pas nouveau. Et malheureusement, c’est quelque chose que je retrouve énormément dans mes classes. Notamment en 4e. Si en 5e ils sont plus doux entre eux, je n’ose pas imaginer ce qui pourrait se passer par la suite. J’ai alors décidé de profiter du fait que j’avais mes deux classes mélangées en petit effectif suite à un voyage scolaire pour parler du harcèlement. J’ai notamment commencé à passer le film animé A Silent Voice disponible sur Youtube en VOSTFR.

Ayant des élèves très atteints par ce sujet, je n’ai passé que le début, et leur ai appris que s’ils voulaient poursuivre par eux-mêmes, non seulement l’animé était disponible sur Youtube, mais en plus, que c’était un manga à l’origine… Moi-même, je me suis décidée à acheter les deux premiers tomes, pour pouvoir en reparler avec eux à l’occasion. J’avais déjà eu la chance de voir que l’animé les avait marqué et en avait fait réfléchir certains. Mais je ne vous cache pas que ça n’a pas été le cas pour tout le monde…

Je viens donc de terminer le premier tome de ce manga, il y a à peine quelques heures. Et ça a été très intense. On retrouve cette fille, différente des autres, tellement douce, tellement gentille ! Et face à elle, un garçon qui ne fait que la harceler, lui faire du mal, l’humilier. Les autres se rendent complices de tout cela, en ne parlant pas, en rigolant lors des bêtises que celui-ci peut faire. C’est un aspect que j’ai apprécié pouvoir développer avec mes élèves car ils ne se rendaient pas tous compte que le fait de ne rien dire s’apparentait aussi à l’harcèlement. Jusqu’au jour où la famille de Shoko se plaint des traitements qu’elle subit. A ce moment-là, la peur des autres va se retourner sur le principal harceleur, alors qu’il n’était pourtant pas le seul. Shoya va se retrouver malgré lui à la place de Shoko, jour après jour, sans que personne ne le croit. Sans que personne ne réagisse. On se retrouve avec le fameux arroseur arrosé, et cela va le poursuivre pendant très longtemps. Dans ce manga, j’ai aimé la tendresse qui se dégageait, j’ai aimé qu’on parle du harceleur qui s’ennuie, qui a peur, qui ne semble pas réaliser ce qu’il fait. Et qui pourtant, va devoir se confronter aux actes qu’il a commis.

Ce que j’ai aimé présenter aux élèves à travers ce personnage, c’est qu’on peut faire des erreurs, mais que le coup de bâton derrière peut-être très violent. Cependant, cela ne veut pas dire qu’on est profondément mauvais ! Mais il y a des conséquences derrière, à la fois pour la personne qu’on a fait souffrir, et aussi pour soi. C’est trop simple de se réfugier derrière son âge quand les choses tournent mal. Et on ne peut pas compter sur les personnes qui ont fait les bêtises avec nous : elles ne nous défendront pas si elles risquent quelques chose. Mais les erreurs peuvent être pardonnées avec des excuses tant qu’il en est encore temps, ou encore un changement de comportement. Il ne s’agit pas de juger les élèves qui ont pu faire subir ce harcèlement avant, mais de leur faire comprendre que tout se sait, que tout se retourne contre vous un jour ou l’autre, et qu’il vaut mieux réaliser ce qui se passe et changer, que devoir subir ce retournement de situation.

On a vraiment une belle ode à l’amitié dans ce manga, à la tendresse, à l’amour entre tous, peu importe les différences. Les enfants comprennent également ce qui peut se passer. Car leur parler nous-mêmes des actes qui peuvent être terribles derrière ne suffit pas. Certains ont la chance, et j’espère qu’ils l’auront toujours, de ne pas connaître des personnes qui ont fait des tentatives de suicide, ou alors pire, qui ont réussi. Et je les ai envie profondément, je leur souhaite que ça n’arrive jamais. Mais de ce fait, ils ont du mal à croire que c’est réel. C’est plus facile de passer par un animé, par des mangas, parce qu’on retrouve des supports qu’ils apprécient beaucoup, en tout cas pour les miens. C’est une belle manière de parler de ce qui est encore tabou en classe. Tabou car j’ai rarement des élèves qui osent dire les choses, qui osent se manifester. Parfois, notre parole ne suffit pas, elle est trop brut, pas assez nuancée, pas assez réelle pour eux. Et cet animé, ainsi que le manga m’ont beaucoup aidé à leur parler. Et ça les a aidé à comprendre aussi qu’on est complice si on ne fait rien, si on rigole. J’ai pu voir une élève réintégrée dans les groupes au moins dans les travaux en classe suite à ce film. C’est important d’en parler, et c’est une très belle chose qu’on aborde ce sujet en manga. Ca a été un véritable coup de cœur pour moi, en temps que lectrice, et en tant qu’enseignante au collège.

Note : ♥♥♥♥♥

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Blabla time

Blablatime #2 : Mes études

Bonjour,

je vous retrouve pour un Blablatime aujourd’hui ! J’ai eu envie de vous parler études. Je sais que tout ceux qui aiment lire ne font pas des études littéraires, mais ça a été mon cas tout de même, car contrairement à beaucoup, et bien parfois, c’est l’école qui m’a donné envie de lire !

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J’ai donc fait un Bac Littéraire, sans grand étonnement… Avec une option droit. Je devais donc aller en Fac de droit à la rentrée, et sur un coup de tête, je suis partie en classes préparatoires littéraires. Les CPGE A/L. J’ai donc fait une hypokhâgne, et une khâgne. Et enfin, je suis partie pour aller faire une troisième de licence en lettres modernes avec une spécialité édition. Voilà pour le fil général des études ! Mais le but, c’est de vous en parler un peu plus en profondeur par rapport à mes lectures, mon ressenti…

Collège/Lycée

J’ai toujours été une très bonne élève en ce qui concerne ces deux périodes là. Je lisais avant le collège, comme je vous en avais parlé dans mon premier Blabla time sur mon rapport à la lecture. Mais au collège j’ai beaucoup continué. En effet, surtout en 5ème où j’ai eu la chance de me retrouver avec un groupe de copines qui m’ont fait découvrir les mangas ! J’ai donc enchaîné mes premières lectures de mangas notamment avec Shugo Chara, Chocola et Vanilla, Tokyo Mew-Mew et surtout… Fruit basket ! Petit regret d’ailleurs car je devais aller à la Japan Expo cette année-là, et je n’ai pas pu et depuis… Hé bien je n’y suis toujours pas allée !

Dans ce petit havre de paix au collège, j’avais passé de très bon moments, et les lectures pour les cours me plaisaient aussi pour la plupart, notamment lorsqu’on nous a fait lire, en 4ème Le Horla, d’autres livres de Maupassant… On avait aussi des livres qui ne m’ont pas plu, évidemment, parce que je n’aimais pas les livres sur les histoires du Moyen-Âge ! (Et je ne les apprécie toujours pas…)

Arrivée au lycée, j’ai continué mes lectures, plus ou moins. J’ai apprécié des livres de cours, surtout lors de ma 1ère où ma prof de français nous a fait beaucoup étudié pour le BAC. Je suis tombée amoureuse du théâtre, et de L’oeuvre de Zola. Même si, contre toute attente, La Princesse de Clèves ne m’a pas convaincu ! Inutile de préciser, qu’avec une passion pareil pour la lecture, l’oral de français de cette année n’avait été qu’une formalité. (Mais attention, j’avais quand même foiré l’écrit haha !) Puis en Terminale, j’ai commencé à lire pour d’autres raisons. J’avais des amis qui n’étaient pas dans ma classe, dont un qui m’a offert mon premier Musso qui était La fille de papier. Et malgré ces amis, je ne m’attendais pas avec certaines personnes de ma classe et autre. Je vous passe le speach du harcèlement, je vous en ferai probablement un autre blablatime. Si au collège je ne pouvais pas m’en protéger car on était toujours dans la cours, au lycée je profitais des courtes pauses pour aller au CDI. Je me suis retrouvée à lire tous les Musso, mes premiers King, notamment Carrie et Misery, mais aussi mon premier Amélie Nothomb, le livre de Jean Theulé : Le magasin des suicides... J’appréciais le fait de trouver de tout, de Mathias Malzieu à la BD sur l’Etranger de Camus, les Musso et les Marc Lévy… Ca a été un véritable havre de paix pour moi. Lors de pauses plus grandes, je me rendais dans le centre pour aller lire à Chapitre, avec une certaine chance puisque les vendeurs ne nous disaient jamais rien même si on s’asseyait dans un coin pour lire. Lire me permettait de penser à autre chose, et d’éviter de croiser ces personnes qui allaient rarement au CDI.

(Si vous avez été victime de harcèlement, et qu’un article sur comment je m’en suis sortie, notamment grâce à la lecture, vous intéresse, dîtes-le moi, proposez-moi vos témoignages, j’aimerai vraiment faire un article coup de poing là-dessus. Merci à ceux qui oseront m’en parler…) 

CPGE A/L / Les classes préparatoires de l’hypokhâgne à la khâgne.

Je tiens ici à préciser que c’est un avis purement personnel, et que je ne suis peut-être pas tombée dans la bonne classe, avec les bonnes personnes et les bons professeurs, même si j’ai aussi croisé la route de personnes merveilleuses.

Comme vous vous en doutez, oui, ça s’est mal passé. Je n’ai pas été harcelée, mais je suis partie dans une classe prépa d’IDF alors que j’habite en Normandie. Je vous passe les personnes qui pensent sincèrement que je pédale pour avoir internet, qui s’étonnent que je ne sais pas prendre le métro, et qui pensent, par la même occasion que je ne connais absolument pas la ville haha. Et malheureusement, ça ne concerne pas uniquement les élèves.

La prépa ne m’a pas apporté de lectures que j’ai particulièrement apprécié, tous comme les cours d’ailleurs. Je prenais le train matin et soir, et je n’arrivais pas à lier ma vie privée avec la prépa. J’ai choisi ma vie privée, et ça a bien failli me coûter deux ans de ma vie. Je ne me suis jamais adaptée. Je passais le plus clair de mes pauses encore une fois, au CDI où j’ai découvert quelques livres sympas. Et surtout… Avec ma première paye, à mon entrée en prépa, je me suis payée une liseuse Kindle Paperwhite et à mon entrée en khâgne, un pc portable. Autant vous dire que j’en ai profité pour faire croire que je lisais mes cours. Je m’évadais de ces cours qui ne m’intéressaient pas pour bon nombre en lisant des livres. C’est comme ça que j’ai découvert la dystopie. J’étais devenue une  » mauvaise élève  » car j’ai été prise dans Divergente, La Sélection, plutôt que dans Victor Hugo. Néanmoins, j’ai quand même eu la chance de continuer à découvrir (suite à mes cours de terminale) la littérature espagnole qui a parfois réussie à me séduire ! Mais, malgré tout, j’ai continué à lire selon mes envies. Je lisais Kaleb, et je suis passée aux romances notamment avec Colleen Hoover, où j’ai pu lire en premier Ugly Love, et on m’avait prêté Nos étoiles contraires au début de ma première année… Au lieu d’être emportée dans mes lectures de cours comme j’avais pu l’être, j’ai été emportée dans la lecture Young Adult, la Dystopie et la Romance.

Je suis passée en khâgne par manque de choix, parce que si je n’y passais pas, on ne m’aurait pas donné ma première année complète. (Oui, c’est pas logique) Et à la fin de la khâgne, ayant fait quelques efforts dans quelques matières, je suis passée de justesse grâce à certains professeurs. J’ai donc été très heureuse de pouvoir partir de la prépa qui n’était pas faîte pour moi. Je ne suis pas concours, je ne souhaitais pas l’ENS, ENS où j’ai passé plus de temps à lire Le vide de Patrick Senécal plutôt qu’à réfléchir pour rendre une copie.

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Je suis partie de moi-même vers Rouen, plutôt que vers Paris. La prépa avait presque été jusqu’à me dégoûter de l’IDF, avec le train en retard, les gens qui ne comprennent pas… Paris m’a plu uniquement lorsque j’étais en son coeur. Adieu prépa et foule parisienne du matin.

La troisième année de licence à la FAC.

Je me suis automatiquement dirigée vers une licence de Lettres modernes à la FAC de Rouen. Fac où pour une fois, je n’ai eu de problèmes ni avec les élèves, ni avec les professeurs ! Amen ! Je ne pense pas abuser en vous avouant que mon année de FAC est la plus belle année d’étude que j’ai pu passer. Tant d’un point des rencontres, qu’au niveau des études, de l’apprentissage.

J’avais du temps pour moi, car je prenais le bus matin et soir, j’avais un temps de trajet plus long que pour ma prépa, mais je m’en accommodais beaucoup mieux. Je lisais, j’en profitais. Je me souviens d’ailleurs avoir lu Fangirl de Rainbow Rowell pour rentrer à la FAC, ça m’avait beaucoup aidé à me détendre. Et le reste du temps, j’allais soit à la FNAC de Rouen (étonnant me direz-vous ?) ou soit à la Bibliothèque pour lire les livres que j’avais déjà, et travaillé mes cours.

J’ai aimé les cours d’édition pour la plupart, j’ai aussi aimé les lectures que j’ai eu. Notamment L’écriture ou la vie de Jorge Semprun, Hamlet de Shakespeare, Le roman de la rose de Guillaume de Lorris… Même si j’en ai détesté d’autres comme Délie de Maurice Scève… C’est une année où j’ai énormément lu, et où j’ai pris plaisir à toutes sortes de lecture !  C’est également l’année où j’ai eu ma licence, et où j’ai commencé ma page facebook pour publier mes chroniques littéraires, alors que j’étais inscrite sur les site de Booknode et Livraddict depuis le lycée… Et la fin de ma licence, juste avant mes derniers partiels signe aussi le début de ce blog, qui aujourd’hui grandit petit à petit.

En conclusion.

Cet article est long, je m’en rend bien compte. Mais j’avais envie de parler avec vous, sur cette manière qu’ont eu mes études d’influencer mes lectures, mes périodes, m’influencer au point de créer ce blog qui est devenue une source permanente de bonheur en ce qui me concerne. J’apprécie énormément d’échanger avec vous sur toutes sortes de sujets…

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J’ai quelques articles Blablatime en tête, notamment sur le Harcèlement scolaire, sur les attentats… Tous mes articles Blablatime auront un caractère en rapport avec la lecture pour le moment. Et j’aimerai avoir vos avis. Est ce que ça vous plait ? Est ce que les sujets que je compte aborder vous intéresse ? Est ce que vous auriez quelque chose dont vous voudriez que je parle ? Ce serait avec plaisir !

Merci à ceux qui prendront le temps de répondre, à ceux qui lisent mes articles, aussi longs soient-ils ! Je suis vraiment heureuse de partager cette aventure avec d’autres lecteurs.