Blabla time·Tribulations

Moi, de toute façon, j’aime pas lire.

Bonjour ! 

Aujourd’hui je viens vous parler du plus gros mensonge auquel j’ai le droit chaque année, voir à chaque changement d’établissement quand ça concerne les élèves ! Oui, car ça ne concerne pas que les élèves. Je suis avec quelqu’un qui n’aime pas lire, qui ne lit jamais, autant vous dire que logiquement, il n’est pas tombé sur la bonne personne ! Mais il s’en accommode, alors je fais de même.

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Adultes, élèves, adolescents, proches : même combat !

Je pars du principe qu’il est impossible, selon moi, de ne pas aimer lire, pourquoi ? Tout simplement parce qu’il me semble plutôt que c’est comme regarder la télé. Il y a toujours quelque chose qui finit bien par nous plaire, mais encore faut-il trouver ce que c’est…

J’ai dû expliquer à mes collégiens que s’ils lisaient des mangas, c’est qu’ils aimaient lire. Certains m’ont dit : Bah non, ce n’est pas de la lecture. Bah si ! Bon dieu. La lecture ce n’est pas que les romans. J’estime que chacun aime lire quelque chose : des romans, des BD, des mangas, la presse… D’autant plus qu’on lit tous les jours : sur nos pc, nos portables, pour lire des articles, des sms, des conversations, des histoires… A mes yeux, on aime forcément lire !

 » Oui, ok, mais je n’aime pas me retrouver devant un livre. »

Encore une fois, je pense qu’il s’agit d’une question de goût et d’attente. Mon conjoint déteste lire mais à l’occasion, il peut lire une BD, ou un magazine de rallye, de sport… A mes yeux, il s’agit encore de lecture. Après tout, peut-être qu’il ne s’agit pas non plus seulement du support, mais aussi tout simplement du sujet !

Je suis une lectrice facile en ce qui me concerne : je lis des romans, des mangas, des BDs, mais peu de documentaires et d’essais. Mais les sujets sont très divers et variés, je lis de la romance, de l’horreur, du young adult, des thrillers, de la dark romance, des témoignages… Et il y a encore énormément de genres, que je n’apprécie pas forcément, mais qui peuvent être tout aussi géniaux ! A mes yeux, il s’agit surtout de choisir le genre, et ensuite de choisir le support…

Personnellement, je conseille beaucoup les livres selon l’âge, les passions, les impressions… (Et j’ai tapé dans le mille deux ou trois fois pour mes élèves cette année avec Lux et Entre chiens et loups pour deux jeunes filles qui ne voulaient pas ouvrir un livre d’autant plus que  » Madame je comprends pas avec ma dyslexie « .) C’est moi évident avec les adultes tout simplement car ce n’est pas mon genre de prédilection pour ce qui est du contemporain, humour, comédie…

Et vous ? Vous connaissez des personnes de votre entourage qui n’aiment pas lire ? Comment vous réagissez ? Vous pensez que c’est possible de ne pas aimer lire du tout ? Vous avez déjà réussi à convaincre quelqu’un de lire, et au final… Cette personne a apprécié ? 

Tribulations

Pourquoi avoir choisi d’enseigner le français ?

Hello ! 

Je vous retrouve pour un post qui a plus attrait à mon métier, mais aussi à ma passion pour la littérature. C’est une question à laquelle j’ai souvent répondue lorsque je suis devenue professeure : Pourquoi le français ? Chose à laquelle j’ai souvent eu de répondre : Une intuition ? Parce que je sais pas faire une addition trop complexe de tête ? Parce que je connais pas les capitales de chaque pays ? Parce que je suis une QUICHE en science, ou peut-être parce que j’ai un accent anglais à couper au couteau… Bref, toutes ces réponses étaient valables, mais pourtant, c’est pour une autre raison…

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J’aime la littérature. Tout simplement, j’adore lire, écrire, j’adore découvrir de nouvelles choses, et j’adore les partager avec les autres.

A la fois j’ai choisi le français par hasard, et à la fois pas du tout. Certes, j’ai fait des études de lettres, mais bon, parmi les lectures que vous voyez-là, à part vraiment L’écriture ou la vie de Jorge Semprun… Proust et moi on est toujours pas copains !

J’avais juste envie de parler de ma passion, d’aider les autres à comprendre pourquoi on aime lire, et qu’est-ce que cela peut nous apporter : une morale, de la compassion, un enseignement, un savoir, une nouvelle culture…

Certes, j’enseigne également la grammaire, mais ce n’est pas ce que je préfère. Je l’enseigne car c’est indispensable, car j’ai de vrais petits écrivains devant moi parfois ! Mais malheureusement, ils font parfois encore beaucoup de fautes. Je ne les juge pas, il est bien possible que des coquilles se glissent dans mes articles ! J’oublie parfois des lettres ou des mots, ou je fais un mauvais accord sans m’en rendre compte. Mais j’adore voir ce moment où ils comprennent comment ça fonctionne et qu’ils me disent :  » Mais Madame c’est simple !  » Est-ce que c’est vraiment simple ? Sincèrement, parfois, non. C’est même un vrai casse-tête.

J’ai choisi le français car c’est une matière très touche à tout : je fais de l’histoire, de la géographie, de l’histoire des arts, de la littérature, de la langue, du latin… On écoute de la musique, on lit des textes de romans, d’essais, de théâtre, de poésie, des nouvelles, on regarde des films, des épisodes de séries, des animés, des court-métrages, des documentaires. Bref, j’essaye de faire en sorte de leur donner un peu de ce que je sais, un peu de ce que j’aime apprendre dans tous les domaines possibles.

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Les programmes sont pour la plupart très intéressants, même si j’ai toujours mon niveau chouchou autant pour les élèves que pour le programme : les 3e. Tout au long du collège, on a la chance de pouvoir travailler sur Les monstres avec les 6e, Les héros et le harcèlement avec les 5e, Dire l’amour et le fantastique avec les 4e. Pour les 3e, j’adore travailler sur L’autobiographie ou encore sur La dystopie dans le but de parler argumentation, sociétés arbitraires…

Je ne suis pour autant jamais posée la question : si je devenais professeure, il était évident que ce serait pour me diriger vers le français, ou alors éventuellement vers une voie pro qui mélange le français et l’histoire / géographie.

Si jamais vous avez des questions, n’hésitez pas… Et si vous avez éventuellement des idées ou des choses à me proposer en lecture pour les élèves, ce sera avec plaisir ! Je suis bientôt en vacances et donc en recherche perpétuelle de nouvelles choses à communiquer ! 

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Jeunes contre adultes : on compte les points.

Bonjour ! 

Je vous retrouve aujourd’hui après les différents événements qui ont eu lieu dans la sphère scolaire : les lycéens ont passé leur BAC et les collégiens… Bah mes collégiens chouinent parce qu’on leur a repoussé le brevet. (Et je les comprends.)

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Aujourd’hui, je dois avouer que je suis un peu mécontente de certains de mes collègues, mais surtout des adultes en général. Je viens défendre mes petites têtes blondes qui en ont pris plein la figure entre le fait que certains élèves qui passaient le BAC n’ont pas compris qu’Andrée était une femme, et que mes petits collégiens sont des fragiles qui ne peuvent pas composer avec la canicule.

Ô toi cher adulte qui a la culture la plus grande, explique-nous donc qui est Andrée Chedid.

Comment ça vous ne savez pas m’expliquer qui est Andrée Chedid, grand-mère du musicien M ? Vous n’avez jamais étudié cette grand dame ?! Honte à vous ! Ah bah, en fait, moi non plus, je n’avais jamais croisée cette dame malgré un BAC L, deux ans de prépa et un an de licence de lettres. Alors, soyons sincères, qui est capable de me dire ce que cette dame a écrit ? J’ai beaucoup de respect pour elle, c’est une évidence. Mais j’en ai beaucoup moins pour ces adultes et ces collègues qui ont critiqué ouvertement nos collégiens qui n’ont pas fait la différence entre  » Andrée  » et  » André « . Nous sommes les premiers en tant que professeur, à avoir des soucis sur les féminins et masculins de certains prénoms. Certes, il y avait de quoi le remarquer, mais pendant une épreuve et avec un stress quand même assez conséquent, permettez-moi d’en douter.

La jeunesse, cette grande inculte de la France.

Hé oui. Nous apprenons chaque jour par tous ces vieux c….hanceux (!) que nous, jeunes de France, sommes des incultes. Merci. Si vous avez de 11 ans à 28 ans : sachez-le, vous n’avez plus aucune culture générale mes petits ! (Est à la recherche d’un gif de papi avec sa canne qui râle.)

Pour être tout à fait sincère, moi aussi, ça me choque quand mes collégiens me disent qu’ils ne savent pas ce que c’est les tours du World Trade Center, Tchernobyl… (On espère que ce sera plus le cas maintenant grâce à cette série.) Mais non, ils ne sont pas incultes et ils m’en apprennent même tous les jours alors que je ne suis pas beaucoup plus vieille qu’eux. Certes, nous n’avons pas les mêmes priorités, ce qui est NORMAL, mais ils ont leur propre culture !

Nous oublions trop rapidement que les jeunes, et je ne parle pas forcément de moi, mais aussi de mes petits élèves de 11 ans à 15 ans, sont ceux qui nous sauveront demain de maladies, ou encore ceux qui apprendront des choses à nos propres enfants. Ils sont jeunes, ils vont se développer et continuer à apprendre jusqu’à la fin de leur vie, comme moi, comme mes parents, comme chaque adulte de cette planète. J’ai dû mal à concevoir qu’on dise sans arrêt aux jeunes qu’ils sont feignants (je songerai à vous raconter mes galères pour trouver un emploi, on va voir qui est feignant et on va bien rire, surtout quand on vous recale parce que vous êtes trop diplômé, que vous n’avez pas d’expérience et que vous êtes trop jeune.)

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Comme vous le savez, le brevet a été décalé, en dehors de la panique engendrée chez nous, chez les parents et du fait que nous avons tous appris la nouvelle de la même façon : les médias, hem… J’ai, à mon goût, trop entendu le fait que nos collégiens étaient fragiles pour refuser de faire le brevet dans la canicule.

Spoiler alerte : Les collégiens n’ont rien demandé. Et après un petit sondage dans ma classe, je me rends compte que la plupart aurait préféré le passer tout de même à partir d’aujourd’hui. Ils auraient été en vacances plus tôt, ils auraient cessé de stresser, et certains avaient prévu non pas de partir en vacances, mais de profiter du week-end pour aller à un grand festival qui se passe à côté de chez nous. Mais pour être sincère, mardi quand je les ai eus, ils dégoulinaient et certains se sentaient mal… Pourtant, aujourd’hui, le collège est ouvert et nous devons accueillir les élèves qui viennent.

Nos jeunes sont des personnes normales : « y en a des biens, et y en a des pas biens ». Pour autant, j’ai une grande majorité d’élèves gentils, qui essaient réellement de progresser. Ils se sentent mal quand il fait trop chaud, ils paniquent quand ils se rendent compte qu’ils sont passés à côté de quelque chose par peur que nous ne soyons pas cléments dans notre correction. Ils ont des rêves, des envies, certes, elles ne sont peut-être pas encore très proches de la réalité, mais qu’est-ce que ça change ? Ils se détendent, comme nous.  » Ils sont abrutis par la télé et les smartphones.  » Je tiens tout de même à vous rappeler que quand ils sortent dehors, on les traite comme des voyous et on demande aux parents pourquoi ils trainent ! En dehors de ça, n’oublions pas que les chiens ne font pas des chats.

Dans une majorité de cas, on a ses enfants comme on les éduque.

Si vraiment notre jeunesse française ne nous plait pas, nous ferions mieux de revoir comment on les éduque et qu’est-ce qu’on leur apprend. Moi, je les trouve courageux. Une fois adulte, on oublie trop facilement ce que c’est que le stress de passer un examen.

Être contractuel.le·Les lectures de la prof·Tribulations

Le jour où j’ai compris que j’avais intérêt à me mettre aux classiques !

Bonjour ! 

Aujourd’hui je vous entraîne dans le plus grand cauchemar de mes élèves, et parfois du mien, je dois bien l’avouer… Les classiques de la littérature française. Tintintin. Vous pouvez insérer la musique de New York Unité Spéciale.

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Pour être tout à fait sincère… Moi et les classiques, malgré mon métier et mes études littéraires, on n’a jamais été trop copains, mais il va falloir qu’on se retrouve, parce qu’enseigner sans connaître ses classiques, notamment en lycée, et même passer le CAPES, c’est quand même pas possible… Mais que voulez-vous ? Zola et moi, on a jamais été très copain jusqu’au jour où j’ai lu L’oeuvre donc tout n’est pas encore perdu… Pour ce qui est de Germinal, je ne pense pas qu’on s’entendra, désolée Mimile.

Je ne dénigre absolument pas les classiques. J’en ai lu des excellents : j’ai toujours apprécié le théâtre de Racine, ou encore Les fables de La Fontaine. Mais j’ai aussi eu de grosses déceptions comme La Princesse de Clèves de La Fayette. Comment vous dire que je déteste les princesses désormais ?

Comme tout élève, je n’ai jamais aimé qu’on m’impose mes lectures, d’où ma rupture avec les classiques d’une part. Ensuite, rapidement, le langage trop soutenu, trop vieillot, m’a beaucoup bloqué, le fait que ça ne me parlait pas vis-à-vis de l’époque également… Résultat ? Des livres jamais terminés, Des souris et des hommes détesté(s) et une Madame Bovary complètement névrosée qui n’a jamais passé le cours de français de première ! Quant à Marcel Proust, on a retrouvé le temps, mais ce sera sûrement le seul. (Oups !)

Je vais donc vous emmener dans ma découverte des classiques, petit à petit et on va commencer tout doucement, parce qu’il ne faudrait pas me brusquer quand même, j’ai deux ans pour rattraper mon retard : le CAPES me tend les bras, et il faut que je sois à jour !

Alors je fais un petit appel à témoins… Donnez moi vos meilleurs classiques, et vos pires ! Dites-moi tout ! 

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Les changements d’établissements.

Bonjour !

Aujourd’hui j’ai eu envie de vous parler de ce qui est le plus dur à soutenir dans le fait d’être professeur contractuel : les changements d’établissements et tout ce qui s’y prête par la suite…

Pourquoi je change toujours d’établissement ? 

Jusque-là, je n’ai pas eu de contrats à l’année, j’enchaîne les CDD c’est-à-dire les remplacements de titulaire. Mes titulaires sont généralement malades, enceintes, ou autre… Ce qui signifie qu’il s’agit de personnes qui reviennent au cours de l’année à chaque fois. Cette année par exemple, j’ai donc changé 6 fois d’établissements. J’ai eu la chance d’avoir toujours du travail dans l’année hormis pendant deux semaines et demi, ce qui n’est pas énorme si on pense à l’année complète. Je ne me plains pas d’avoir du boulot, bien au contraire, mais changer d’établissement aussi souvent entraîne de nombreuses conséquences et surtout des avantages comme des inconvénients.

Je vais vous parler des avantages en premier.

C’est ce qui me tiens le moins à coeur. J’ai rarement été heureuse de changer d’établissement. La première fois que ça m’est arrivée en début d’année, je pleurais, mais j’essayais de me rassurer comme je le pouvais. C’était l’occasion de découvrir comment cela se passait dans d’autres collèges, de changer de niveau, ou encore de passer dans le post BAC comme j’ai pu le faire au mois de mai. Cependant, je me suis aussi rassurée en me rappelant que sur les 4 classes que j’avais, j’en avais une avec laquelle je ne m’entendais pas. Je faisais cours normalement, mais je passais énormément de temps à faire la loi et il était impossible de se détendre, je n’étais pas heureuse de les avoir en classe car même les activités sympathiques que je tentais tournaient au fiasco car ça ne les intéressait pas le moins du monde. Ca m’a permis, si j’ose dire, de récupérer d’autres classes, avec lesquelles ça s’est très bien passée pour les trois différentes. C’est aussi l’occasion de changer du tout au tout d’endroit : je suis parfois plus proche de chez moi, ou plus loin. Des fois je suis à la campagne, et des fois à la ville. J’ai aussi fait de belles rencontres au sein des collègues enseignants, de la vie scolaire mais aussi auprès des élèves, des parents et de l’administration. J’ai notamment une directrice que je porte infiniment dans mon coeur pour sa gentillesse et son assurance. Pour ça, oui, c’est vrai, j’étais heureuse de changer d’établissement, et dans les 6 établissements faits dans l’année, il y en a 2 dans lesquels je demanderai une mutation si je réussis à obtenir le CAPES.

Bah ça a l’air pas mal en fait ! Et les inconvénients ?!

Les inconvénients… Ils sont nombreux. D’un point de vue personnel, je m’attache énormément à mes élèves, c’est toujours dire de les quitter, et c’est pareil pour certains collègues. Cependant, même en dehors de mon propos personnel et de ma façon de voir les choses, il y a aussi le fait que vous n’avez pas le temps d’avoir l’avancée de vos élèves. Vous ne les voyez pas réussir leur examen non plus quand vous êtes avec des lycéens, des BTS ou encore des 3ème… C’est quelque chose que j’ai du mal à vivre : je ne vois pas le fruit « final » de mon travail. Je n’ai pas non plus toujours l’occasion de suivre les parents qui me demandent de l’aide, ou les activités qui ont lieues au sein des établissements…

Mais il y a aussi le fait de se ré-adapter à chaque fois pour différentes choses : les collègues, l’établissement (je me perds facilement…), la manière de noter (compétences ou note, ou même les deux !), les élèves, la politique de l’établissement… Je recommence tout à chaque fois. Je dois re faire ma réputation auprès des élèves dans chaque établissement. Je recommence mes efforts de communication avec la vie scolaire, les enseignants, l’administration à chaque fois. C’est sincèrement épuisant, intéressant oui ! Mais épuisant tout de même… C’est une nouvelle routine qui s’installe et qui parfois ne dure qu’une semaine ou deux.

Cette année, pour vous donner une idée, j’ai changé 6 fois d’établissement même s’il y en a un dans lequel je suis revenue deux fois, ce qui fait 5 établissements différents… Donc 5 reprises de fonction dans des établissements très différents : collèges de campagne, de ville, lycée avec des post-BAC… 

[Coup de gueule]. Alors quand j’entends dire que les contractuels ne sont que des bons à rien qui ne se foulent pas, désolée, mais j’ai du mal à l’encaisser… Je mets au défi les titulaires comme les personnes travaillent hors enseignement, dans le privé, d’avoir le courage, la patience, et l’énergie pour changer 6 fois d’usine / pharmacie / collège / lycée / … dans l’année, sans voir le fruit de leur travail et sans l’avoir demandé.

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Kévin, arrête de parler !

Bonjour !

Il y a quelques temps, j’ai tenté de vous donner quelques conseils pour votre éventuel premier jour en tant que prof ! A la fin, je vous ai parlé de Kévin, votre cher élève que vous adorez retrouver chaque matin et qui se met à bavarder toutes les 30 secondes. A la place de Kévin, vous pouvez bien sûr insérer tout prénom que vous ne supportez pas ou plus.

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Vous avez déjà lu cette BD ? Les profs ? Dans ce cas vous vous souvenez probablement de Boulard qui en fait voir de toutes les couleurs à l’ensemble de l’équipe pédagogique ! Oui, désolée de vous l’apprendre, vous allez rencontrer cet élève, et vous allez même en rencontrer plusieurs ! Non ! Posez tout de suite ce dictionnaire ! Vous n’avez pas le droit de les frapper voyons ! Mais, faisons déjà un échantillons des profils que vous risquez de croiser, régulièrement…

  1. Le bavard attachant.

Celui-ci, vous allez l’apprécier autant que vous le détesterez ! Il est mignon, plein de bon sens, et il a toujours des super remarques à faire. Mais, oui parce qu’il y a un mais ! Il parle tout le temps… Avec ses camarades, avec vous (oui, vous allez voir, il va même tenter de vous détourner du droit chemin cher.es collègues !). Le déplacer ? Alors oui, c’est une excellente idée ! Mais il finira par parler avec la porte, la clenche (oui, je suis Normande), la fenêtre et la mouche !

2. L’insolent.

Lui, en revanche, vous risquez de ne pas l’apprécier du tout. Il n’a pas fait ses devoirs ? Bah c’est normal, vous, on vous donne pas de devoirs à faire le soir ! Et le week-end, c’est vrai, vous faites quoi de vos week-end vous ? Il a toujours raison, et toujours réponse à tout, le tout, en vous prenant pour celui ou celle qui est né.e de la dernière pluie ! +++ Pour l’insolent qui n’ira jamais assez loin pour que vous puissiez donner une sanction telle qu’une punition, un appel aux parents, une heure de colle, un rapport… Vous ne pourrez rien contre lui. Attendez son faux pas, ignorez son insolence, ça va bien se passer !

3. Celle qui essaye !

Mais rassurez-vous ! Voilà votre charmante petite Léa qui essaye, essaye… sans y arriver. Ce genre d’élèves que vous adorez pour sa persévérance et sa gentillesse, mais qui va peut-être vous mettre à bout quand vous serez fatigué.e. Malgré tout, accrochez-vous à ce genre d’élèves. Ils sont mignons, et quand ils réussissent, ça fait chaud au cœur !

4. Je sais tout.

Je vous présente ensuite Charline ! Charline est une bonne élève, une excellente élève même, et vous allez adorer la corriger. En revanche, elle va vous reprendre toutes les 30 secondes, et quand elle n’osera plus parce qu’elle se sera trompée une fois, et qu’elle ne tentera plus avec vous… Elle s’en prendra à ses petits camarades qui auront le malheur de dire que le conditionnel, c’est du futur !

5. Le dormeur.

Vous ne pourrez pas dire que vous n’aimez pas Brandon. Il ne fait pas de bruit, il n’est pas insolent, il ne bavarde pas puisqu’il… dort. A proprement parler. Vous risquez de devoir taper 2/3 fois sur la table pour devoir le réveiller ! Problèmes familiaux ou jeux vidéos tard la nuit ? Avec un peu de chance, il acceptera de vous parler, mais vous ne pourrez pas lui sauter dessus en hurlant comme un.e damné.e, vous allez lui faire peur !

6. La peste.

Si si, allez soyons sincères. Vous vous souvenez de Britney ? La blonde magnifique toujours à 4 pinces qui vous détestiez au collège ? Vous allez la retrouver. Elle sera l’ange ou le diable selon son jour. Ne lui tournez jamais le dos, ou c’est notre petite Léa qui en pâtira derrière, si ce n’est vous ! Rappelez-lui gentiment qu’elle n’est pas parfaite, elle non plus, et qu’en créant des soucis dans la classe, elle va finir par ne plus avoir de copines… Généralement, ça finit par passer !

7. Le petit rigolo.

Il est un peu comme notre bavard attachant. Antoine vous fera rire, mais il le fera probablement trop souvent, ce qui risque de déranger légèrement votre classe… Ne soyez pas trop dur.e avec lui ! Une simple remontrance suffira, d’autant plus qu’il va parfois éclairer votre journée… Il vous manquera à la fin de l’année !

8. L’enfant qui pleure non-stop.

Malheureusement, vous risquez de croiser cette pauvre Julie qui passe ses journées à pleurer. Vous éprouverez sûrement de la compassion pour elle, ne me demandez pas ce qu’elle a… Elle finira peut-être par vous parler. Elle sera dure à gérer, mais elle fera ce qu’elle peut pour s’intégrer, être gentille avec les autres et suivre votre cours. Je vais dire un mot que beaucoup d’entre-nous ne supportent plus… Mais il est vrai que la bienveillance sera de rigueur, surtout que ce genre d’élève est particulièrement fragile mais aussi reconnaissant…

9. Le voleur.

Quentin n’a jamais ses affaires ! Jamais ! Alors il va demander à ses camarades, et ils ne voudront plus lui prêter de stylos parce qu’il ne les rend jamais ! Il se tournera donc vers vous, veillez au grain ou dites adieu à votre trousse !

10. J’ai pas envie d’écrire / de travailler.

On distingue deux types d’élèves dans ces moments… Celui qui va refuser de travailler mais qui va finir par s’y mettre en soufflant, et qui notera au minimum son cours ! Et celui qui vient en pensant que vous êtes là pour faire de la garderie, qui ne notera jamais rien, et qui est là parce que ses parents l’y obligent. Je suis sûre que vous l’avez déjà reconnu ! Attention, cet élève n’est pas forcément désagréable, mais gare à vos nerfs ! Il va écrire deux mots, vous allez vous retourner, et il sera toujours à deux mots à la fin de l’heure… Et oui…

 

Voilà, je vous ai donné un petit échantillon des élèves que vous pouvez retrouver en classe. Attention. Certes, j’ai croisé tous ses élèves et j’en ai même mixé certains ! Les prénoms ne reflètent pas les élèves que j’ai eu, prenez le avec humour. Certains de leurs traits vous agaceront forcément, mais vous aurez presque toujours, un trait dans chaque gamin qui fait que serez heureux.se de le voir lundi matin, présent. J’adore ce que je fais, et c’est autant pour ma petite Je-sais-tout que pour mon J’ai-pas-envie-de-bosser. Les meilleurs élèves vous permettent un moment de répit dans vos copies, ou quand les autres ne trouvent pas la réponse, c’est une bonne aide. Ils sont adorables, mais les autres aussi. Et vous serez fous de joie quand ils réussiront là où ils échouent pourtant depuis longtemps… Merci à eux d’être là, tous les jours, autant au petit farceur qu’au petit insolent qui finira par vous venir à la fin de l’heure en s’excusant parfois, ou en réalisant qu’il a été trop loin. Vos élèves, peu importe leur âge, sont remarquables.

 

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Le syndrome de l’imposteur.

Bonjour,

Je vous retrouve aujourd’hui pour vous parler d’un syndrome que nous sommes beaucoup à avoir connu et à connaître encore et ce peu importe notre métier ou notre expérience professionnelle. Il s’agit du syndrome de l’imposteur. (TIN TIN !) Tout d’abord, pour ceux à qui ça ne parlerait pas, je vais vous en donner une courte définition, puis je vous partagerai mon expérience car j’y suis encore sujette aujourd’hui ! Je vous donnerai également quelques conseils ou mantras pour vous rendre compte que… Hé bien non ! Vous n’êtes pas un imposteur !

Qu’est-ce que le syndrome de l’imposteur ?

Je vais vous éviter toutes les définitions d’internet ou de grands chercheurs ! Tout simplement, en ce qui me concerne, je définis le syndrome de l’imposteur comme étant le fait de douter de tout ce que vous faites, jusqu’à douter de votre capacité à en être arrivé là où vous en êtes aujourd’hui. Traduction : vous pensez ne pas être à votre place, qu’il s’agit d’une erreur de votre direction de vous avoir accordé cette confiance.

Pourquoi est-ce que je ressens le syndrome de l’imposteur ?

Alors, pour ce qui me concerne, déjà le fait d’être contractuelle et non titulaire y est pour beaucoup ! En effet, je n’ai pas mon CAPES, même si j’espère pouvoir le passer prochainement. De plus, je suis très jeune, et passe régulièrement pour une élève. Je n’ai pas non plus fait les études pour devenir professeure à la base car j’avais fait en sorte d’aller en édition, et donc je n’ai pas reçu la même formation que les autres. Disons que je ne me suis pas arrangée la tâche ! Quand j’ai été au rectorat pour tenter ma chance, je ne pensais pas du tout être prise. Ca a été une grande surprise pour moi, et j’ai donc eu la sensation de ne pas avoir les bases nécessaires. Je l’avoue moi-même, je me ré-adapte régulièrement, que ce soit en grammaire ou dans la littérature, notamment en ce qui concerne la poésie dont je n’ai pas toujours été friande !

Encore aujourd’hui, je ressens toujours cette vilaine manie. En effet, pour ceux qui me connaissent personnellement, je viens de passer des collégiens aux BTS. Comment vous dire que j’ai vraiment eu la sensation de ne pas en être capable… Et pourtant, j’ai bien le niveau et je m’en rends compte un peu plus jour après jour. Certes, c’est une bonne chose. Mais le syndrome de l’imposteur vient aussi des éventuelles remarques que j’ai pu entendre de la part de certains titulaires, proches, ou même des amis qui estimaient que comme je n’avais pas de master, je ne devais pas être professeure, que je n’en avais pas le droit, que je n’apprendrais rien aux élèves et que je n’étais pas faite pour ça.

Mais peut-on l’affronter ?

Oui.

Je pars du principe que l’on peut tout affronter. Il faut se donner les moyens, et même si je le combats encore chaque jour… Je sais désormais que quand j’entre dans une salle, j’entre en tant qu’enseignante, jeune, certes, inexpérimentée, peut-être, avec des lacunes à combler, certainement, mais en tant qu’enseignante. J’en sais plus que mes élèves c’est déjà une bonne chose ! Je n’en sais pas plus que mes collègues, ça c’est clair ! Mais je me sens motivée pour combler mes lacunes en plus de celles de mes élèves et étudiants. Je viens au boulot, et j’entre dans l’établissement en sachant que moi aussi, aujourd’hui, je vais apprendre quelque chose. Le soir, au moment de partir, mon syndrome part aussi, petit à petit. C’est une journée de plus où j’ai appris quelque chose aux autres, où j’ai fait mon travail pleinement et où je me suis investie, même si j’ai encore des choses à corriger. Je ne fais plus les mêmes erreurs qu’auparavant et je ne me présente plus avec une petite voix timide quand je change d’établissement contrairement aux deux premiers dans lesquels j’ai exercé.


J’aurais aimé savoir si d’autres personnes vivaient ce syndrome de l’imposteur ? Que ce soit dans leur voie professionnelle ou personnelle, dans l’enseignement ou en dehors ? Parler m’a beaucoup aidée… Si certains souhaitent en faire de même, ou donner de leur expérience pour les autres… J’ose penser que ça peut-être une très bonne idée !

Courage à nous.