Être contractuel.le·Les lectures de la prof·Tribulations

Le jour où j’ai compris que j’avais intérêt à me mettre aux classiques !

Bonjour ! 

Aujourd’hui je vous entraîne dans le plus grand cauchemar de mes élèves, et parfois du mien, je dois bien l’avouer… Les classiques de la littérature française. Tintintin. Vous pouvez insérer la musique de New York Unité Spéciale.

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Pour être tout à fait sincère… Moi et les classiques, malgré mon métier et mes études littéraires, on n’a jamais été trop copains, mais il va falloir qu’on se retrouve, parce qu’enseigner sans connaître ses classiques, notamment en lycée, et même passer le CAPES, c’est quand même pas possible… Mais que voulez-vous ? Zola et moi, on a jamais été très copain jusqu’au jour où j’ai lu L’oeuvre donc tout n’est pas encore perdu… Pour ce qui est de Germinal, je ne pense pas qu’on s’entendra, désolée Mimile.

Je ne dénigre absolument pas les classiques. J’en ai lu des excellents : j’ai toujours apprécié le théâtre de Racine, ou encore Les fables de La Fontaine. Mais j’ai aussi eu de grosses déceptions comme La Princesse de Clèves de La Fayette. Comment vous dire que je déteste les princesses désormais ?

Comme tout élève, je n’ai jamais aimé qu’on m’impose mes lectures, d’où ma rupture avec les classiques d’une part. Ensuite, rapidement, le langage trop soutenu, trop vieillot, m’a beaucoup bloqué, le fait que ça ne me parlait pas vis-à-vis de l’époque également… Résultat ? Des livres jamais terminés, Des souris et des hommes détesté(s) et une Madame Bovary complètement névrosée qui n’a jamais passé le cours de français de première ! Quant à Marcel Proust, on a retrouvé le temps, mais ce sera sûrement le seul. (Oups !)

Je vais donc vous emmener dans ma découverte des classiques, petit à petit et on va commencer tout doucement, parce qu’il ne faudrait pas me brusquer quand même, j’ai deux ans pour rattraper mon retard : le CAPES me tend les bras, et il faut que je sois à jour !

Alors je fais un petit appel à témoins… Donnez moi vos meilleurs classiques, et vos pires ! Dites-moi tout ! 

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Les changements d’établissements.

Bonjour !

Aujourd’hui j’ai eu envie de vous parler de ce qui est le plus dur à soutenir dans le fait d’être professeur contractuel : les changements d’établissements et tout ce qui s’y prête par la suite…

Pourquoi je change toujours d’établissement ? 

Jusque-là, je n’ai pas eu de contrats à l’année, j’enchaîne les CDD c’est-à-dire les remplacements de titulaire. Mes titulaires sont généralement malades, enceintes, ou autre… Ce qui signifie qu’il s’agit de personnes qui reviennent au cours de l’année à chaque fois. Cette année par exemple, j’ai donc changé 6 fois d’établissements. J’ai eu la chance d’avoir toujours du travail dans l’année hormis pendant deux semaines et demi, ce qui n’est pas énorme si on pense à l’année complète. Je ne me plains pas d’avoir du boulot, bien au contraire, mais changer d’établissement aussi souvent entraîne de nombreuses conséquences et surtout des avantages comme des inconvénients.

Je vais vous parler des avantages en premier.

C’est ce qui me tiens le moins à coeur. J’ai rarement été heureuse de changer d’établissement. La première fois que ça m’est arrivée en début d’année, je pleurais, mais j’essayais de me rassurer comme je le pouvais. C’était l’occasion de découvrir comment cela se passait dans d’autres collèges, de changer de niveau, ou encore de passer dans le post BAC comme j’ai pu le faire au mois de mai. Cependant, je me suis aussi rassurée en me rappelant que sur les 4 classes que j’avais, j’en avais une avec laquelle je ne m’entendais pas. Je faisais cours normalement, mais je passais énormément de temps à faire la loi et il était impossible de se détendre, je n’étais pas heureuse de les avoir en classe car même les activités sympathiques que je tentais tournaient au fiasco car ça ne les intéressait pas le moins du monde. Ca m’a permis, si j’ose dire, de récupérer d’autres classes, avec lesquelles ça s’est très bien passée pour les trois différentes. C’est aussi l’occasion de changer du tout au tout d’endroit : je suis parfois plus proche de chez moi, ou plus loin. Des fois je suis à la campagne, et des fois à la ville. J’ai aussi fait de belles rencontres au sein des collègues enseignants, de la vie scolaire mais aussi auprès des élèves, des parents et de l’administration. J’ai notamment une directrice que je porte infiniment dans mon coeur pour sa gentillesse et son assurance. Pour ça, oui, c’est vrai, j’étais heureuse de changer d’établissement, et dans les 6 établissements faits dans l’année, il y en a 2 dans lesquels je demanderai une mutation si je réussis à obtenir le CAPES.

Bah ça a l’air pas mal en fait ! Et les inconvénients ?!

Les inconvénients… Ils sont nombreux. D’un point de vue personnel, je m’attache énormément à mes élèves, c’est toujours dire de les quitter, et c’est pareil pour certains collègues. Cependant, même en dehors de mon propos personnel et de ma façon de voir les choses, il y a aussi le fait que vous n’avez pas le temps d’avoir l’avancée de vos élèves. Vous ne les voyez pas réussir leur examen non plus quand vous êtes avec des lycéens, des BTS ou encore des 3ème… C’est quelque chose que j’ai du mal à vivre : je ne vois pas le fruit « final » de mon travail. Je n’ai pas non plus toujours l’occasion de suivre les parents qui me demandent de l’aide, ou les activités qui ont lieues au sein des établissements…

Mais il y a aussi le fait de se ré-adapter à chaque fois pour différentes choses : les collègues, l’établissement (je me perds facilement…), la manière de noter (compétences ou note, ou même les deux !), les élèves, la politique de l’établissement… Je recommence tout à chaque fois. Je dois re faire ma réputation auprès des élèves dans chaque établissement. Je recommence mes efforts de communication avec la vie scolaire, les enseignants, l’administration à chaque fois. C’est sincèrement épuisant, intéressant oui ! Mais épuisant tout de même… C’est une nouvelle routine qui s’installe et qui parfois ne dure qu’une semaine ou deux.

Cette année, pour vous donner une idée, j’ai changé 6 fois d’établissement même s’il y en a un dans lequel je suis revenue deux fois, ce qui fait 5 établissements différents… Donc 5 reprises de fonction dans des établissements très différents : collèges de campagne, de ville, lycée avec des post-BAC… 

[Coup de gueule]. Alors quand j’entends dire que les contractuels ne sont que des bons à rien qui ne se foulent pas, désolée, mais j’ai du mal à l’encaisser… Je mets au défi les titulaires comme les personnes travaillent hors enseignement, dans le privé, d’avoir le courage, la patience, et l’énergie pour changer 6 fois d’usine / pharmacie / collège / lycée / … dans l’année, sans voir le fruit de leur travail et sans l’avoir demandé.

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[COUP DE GUEULE] « Mais vous n’êtes pas prof, vous êtes remplaçante ! » & Comment Paris Normandie a décidé de nous laminer.

Bonjour !

Aujourd’hui, on va parler un peu des magnifiques remarques que vous entendez en tant que contractuel.le, vous allez voir, c’est génial. Et si vous pensez que ce genre de remarques vient des élèves… Hé bien… Pas que ! Figurez-vous que vous en entendrez parfois bien plus de la part de vos collègues que de la part de vos élèves. La preuve, cette phrase, qui sert de titre, je l’ai entendue de la bouche d’une élève pour la première fois cette année en avril, soit après plus d’un an en tant que professeure de français contractuelle, et pourtant, ce n’était pas la première.

Il est toujours très désagréable de s’entendre dire, en tant que contractuel.le, que vous êtes seulement remplaçant.e et donc pas prof. Ceux qui ne connaissent pas le sujet nous dirons : Pourquoi ?

Tout simplement parce que nous faisons le même boulot qu’un titulaire :

  • Je corrige des copies.
  • Je rempli les bulletins.
  • Je participe aux réunions.
  • Je participe aux conseils de classe.
  • Je fais mes cours. (Il est rare que votre titulaire vous donne les cours faits ! Et personnellement… Je n’aime pas ça non plus.)
  • Je fais des rapports.
  • Je donne des punitions que je dois corriger, et que je dois imaginer.
  • Je surveille durant les examens.

Bref, je fais tout comme un titulaire, je me prends la tête avec mes élèves, avec mes collègues, avec ma hiérarchie… Enfin bon… Il faut aussi savoir qu’il existe des remplaçants titulaires que l’on appelle des TZR. Mais pourtant, vous, chèr.e contractuel.le, vous serez probablement vu.e, à un moment ou à un autre, seulement comme le ou la remplaçant.e de Mme Machin.

En ce qui me concerne, j’ai rarement eu des élèves qui prenaient mal le fait que j’étais contractuelle et je ne l’ai pas caché non plus. Quand ils me posent la question de savoir comment je peux être professeure aussi jeune, ça ne me dérange pas de leur expliquer comment je suis arrivée là et pourquoi je n’ai pas encore le concours, mais que je compte le passer. S’ils sont curieux, ils sont rarement méchants et souvent ils sont les premiers à être étonnés et à s’exclamer quand l’un de leur camarade a le malheur de dire qu’être prof et remplaçant ce n’est pas la même chose ! Après tout, ils ne font pas la différence entre mes collègues et moi si ce n’est pour la matière ou pour le fait que je dois partir à un moment, comme je suis arrivée : d’un coup.

Ce qui risque de vous poser problèmes… Hé bien, c’est également les collègues ! Vous atterrirez peut-être dans des établissements où les titulaires ne parlent pas aux contractuel.les et où les agrégé.es ne parlent qu’entre eux ! Autant vous dire que ça met de l’ambiance !

On vous dira aussi peut-être que vous n’avez pas de raisons de donner votre avis, que vous ne faites pas le même boulot, que vous n’êtes pas capable d’avoir votre concours, que vous ne jouez pas le jeu du concours national où on peut vous envoyer n’importe où… Bref, vous en entendrez des vertes et des pas mûres ! Bien heureusement, ce n’est pas partout, et je n’ai jamais eu un établissement où tout le monde refusait de me parler parce que j’étais contractuelle, même si c’était le cas de certains collègues qui n’ont jamais ouvert la bouche pour me dire bonjour ! Olé !

Et si ça se limitait à votre espace professionnel, ça irait. Vous l’entendrez peut-être de la part de vos proches mais aussi… Dans certains groupes Facebook déstinés aux profs, ou encore dans les médias. Un article est paru récemment en ce qui concerne l’académie de Rouen. Académie où j’exerce du coup, même si je ne suis pas du tout dans ce secteur.


Allez, c’est cadeau, c’est pour moi, je vous mets l’article juste là comme ça : Article désagréable au possibleArticle désagréable au possible et il vient de Paris Normandie. Allez tous en coeur : Merciiiii Paris Normandiiiiiie.


Moment où je m’énerve grave dans mon article : ON.

 » Pierre (*) a bûché pour obtenir une licence d’histoire, puis un Master MEEF (Métiers de l’enseignement, de l’éducation et de la formation), préparé dans une ESPE. Deux années de cours théoriques ponctués de stages en pratique accompagnée, en classe. Après avoir décroché le difficile Capes, il est aujourd’hui enseignant stagiaire en histoire en Seine-Maritime « 

Bravo Pierre, et bravo à tous les titulaires, tous ceux qui ont réussi à décrocher leur licence, leur master, leur CAPES. Félicitations à eux. Mais… Les contractuels aussi ont des diplômes pour lesquels ils ont bûchés. Alors, certes, je suis un peu hors contexte car je n’ai pas de Master pour ceux qui ne sont pas au courant. Mais j’ai bien ma licence que j’ai eu après deux ans de prépa. Si faire prépa, c’est pas bûcher aussi, vous m’excuserez, mais ça n’a pas été les années les plus sympathiques de ma vie !

 » « Ma tutrice est venue 6 ou 7 fois dans ma classe depuis la rentrée. J’ai eu une visite-conseil et deux visites d’évaluation qui comptent pour ma titularisation. J’en attends encore une de l’inspecteur académique, et je dois rendre un mini-mémoire. On m’en demande beaucoup. Par rapport aux contractuels, le niveau d’exigence n’est pas du tout le même » « 

Je suis d’accord, j’appréhende aussi le jour où je vais devoir passer en année de stage, car j’en aurai probablement autant à faire. Enfin, toujours est-il que nous, on nous demande de faire cours et de tenir une classe sans formation au préalable alors que les stagiaires viennent généralement d’un master MEEF où, s’ils n’ont pas eu d’expérience avant, ils ont une formation uniquement sur le fait d’être prof, et ils travaillent 9h par semaine devant élèves au lieu des 18h du contractuel à temps plein. Devoir inventer des cours comme on peut à deux jours de la rentrée, et les renouveler sans arrêt parce qu’on a pas ou rarement un poste fixe, vous m’excuserez, mais c’est assez sport aussi !

 » Je n’irai pas jusqu’à dire que le rectorat prend le premier venu, ajoute Luc de Chivré, mais il n’y a aucune transparence sur les critères de recrutement. On le voit sur le terrain, quand il y a une carence réelle, on prend sans trop regarder les compétences et les qualifications. « 

Bah oui, c’est vrai, le BAC +3 dans la matière demandée, c’est pas une qualification les enfants. Les compétences ? Je tiens tout de même à préciser que nous sommes évalués en fin d’année par le directeur de l’établissement et que cette évaluation est envoyée au rectorat. De plus, nous avons un entretien académique avant d’être envoyé sur le terrain : on vérifie nos compétences, notre casier judiciaire, notre envie aussi de devenir professeur.

 » Mais l’immense majorité fait son travail, nuance-t-il. Certains ont beaucoup d’expérience, mais sont maintenus comme contractuels. « 

Ah, merci. Loin de moi l’idée de me prendre pour une super prof avec mes un peu plus d’un an d’expérience, mais je fais ce que je peux. Réellement. Je demande des conseils à mes collègues, à ma hiérarchie, j’envisage même les conseils des élèves quand je les quitte en leur demandant ce qui doit changer dans mes cours, s’il faut plus d’oral, moins, si on écrit assez, s’ils estiment être dans un environnement assez calme pour pouvoir travailler, mais aussi assez détendu pour ne pas avoir peur d’une éventuelle punition toutes les 30 secondes, ce qu’ils ont retenu, s’ils arrivent à faire des choses qu’ils n’arrivaient pas à faire avant, s’il y a encore des choses qui coincent, si j’ai mal expliqué certains points.

Moment où je m’énerve grave dans mon article : OFF.


Le monde du travail est le même partout si je puis dire : vous avez des personnes qui sont faites pour ça et d’autres non. Il y a des personnes qui aiment ce qu’elles font et d’autres non. Il faut savoir qu’il y a des contractuels partout dans la fonction publique, et pas uniquement dans l’éducation nationale. Et comme dans le privé, vous n’êtes pas toujours formé, et on se forme sur le tas. Pour autant, nous sommes des professeurs, avec les mêmes difficultés et la même charge de travail que les titulaires. Merci.

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Le syndrome de l’imposteur.

Bonjour,

Je vous retrouve aujourd’hui pour vous parler d’un syndrome que nous sommes beaucoup à avoir connu et à connaître encore et ce peu importe notre métier ou notre expérience professionnelle. Il s’agit du syndrome de l’imposteur. (TIN TIN !) Tout d’abord, pour ceux à qui ça ne parlerait pas, je vais vous en donner une courte définition, puis je vous partagerai mon expérience car j’y suis encore sujette aujourd’hui ! Je vous donnerai également quelques conseils ou mantras pour vous rendre compte que… Hé bien non ! Vous n’êtes pas un imposteur !

Qu’est-ce que le syndrome de l’imposteur ?

Je vais vous éviter toutes les définitions d’internet ou de grands chercheurs ! Tout simplement, en ce qui me concerne, je définis le syndrome de l’imposteur comme étant le fait de douter de tout ce que vous faites, jusqu’à douter de votre capacité à en être arrivé là où vous en êtes aujourd’hui. Traduction : vous pensez ne pas être à votre place, qu’il s’agit d’une erreur de votre direction de vous avoir accordé cette confiance.

Pourquoi est-ce que je ressens le syndrome de l’imposteur ?

Alors, pour ce qui me concerne, déjà le fait d’être contractuelle et non titulaire y est pour beaucoup ! En effet, je n’ai pas mon CAPES, même si j’espère pouvoir le passer prochainement. De plus, je suis très jeune, et passe régulièrement pour une élève. Je n’ai pas non plus fait les études pour devenir professeure à la base car j’avais fait en sorte d’aller en édition, et donc je n’ai pas reçu la même formation que les autres. Disons que je ne me suis pas arrangée la tâche ! Quand j’ai été au rectorat pour tenter ma chance, je ne pensais pas du tout être prise. Ca a été une grande surprise pour moi, et j’ai donc eu la sensation de ne pas avoir les bases nécessaires. Je l’avoue moi-même, je me ré-adapte régulièrement, que ce soit en grammaire ou dans la littérature, notamment en ce qui concerne la poésie dont je n’ai pas toujours été friande !

Encore aujourd’hui, je ressens toujours cette vilaine manie. En effet, pour ceux qui me connaissent personnellement, je viens de passer des collégiens aux BTS. Comment vous dire que j’ai vraiment eu la sensation de ne pas en être capable… Et pourtant, j’ai bien le niveau et je m’en rends compte un peu plus jour après jour. Certes, c’est une bonne chose. Mais le syndrome de l’imposteur vient aussi des éventuelles remarques que j’ai pu entendre de la part de certains titulaires, proches, ou même des amis qui estimaient que comme je n’avais pas de master, je ne devais pas être professeure, que je n’en avais pas le droit, que je n’apprendrais rien aux élèves et que je n’étais pas faite pour ça.

Mais peut-on l’affronter ?

Oui.

Je pars du principe que l’on peut tout affronter. Il faut se donner les moyens, et même si je le combats encore chaque jour… Je sais désormais que quand j’entre dans une salle, j’entre en tant qu’enseignante, jeune, certes, inexpérimentée, peut-être, avec des lacunes à combler, certainement, mais en tant qu’enseignante. J’en sais plus que mes élèves c’est déjà une bonne chose ! Je n’en sais pas plus que mes collègues, ça c’est clair ! Mais je me sens motivée pour combler mes lacunes en plus de celles de mes élèves et étudiants. Je viens au boulot, et j’entre dans l’établissement en sachant que moi aussi, aujourd’hui, je vais apprendre quelque chose. Le soir, au moment de partir, mon syndrome part aussi, petit à petit. C’est une journée de plus où j’ai appris quelque chose aux autres, où j’ai fait mon travail pleinement et où je me suis investie, même si j’ai encore des choses à corriger. Je ne fais plus les mêmes erreurs qu’auparavant et je ne me présente plus avec une petite voix timide quand je change d’établissement contrairement aux deux premiers dans lesquels j’ai exercé.


J’aurais aimé savoir si d’autres personnes vivaient ce syndrome de l’imposteur ? Que ce soit dans leur voie professionnelle ou personnelle, dans l’enseignement ou en dehors ? Parler m’a beaucoup aidée… Si certains souhaitent en faire de même, ou donner de leur expérience pour les autres… J’ose penser que ça peut-être une très bonne idée !

Courage à nous.

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Prof : Conseils du premier jour.

Mon dieu ! C’est mon premier jour ! Comment je vais pouvoir gérer 30 élèves ?

Hello !

Je vous retrouve pour un petit article conseil que j’aurais été ravie de trouver lorsque j’ai commencé tellement j’étais stressée ! Ne me demandez pas comment j’ai fait pour ne pas trembler ou ce genre de chose, j’étais une vraie feuille de papier mâchée ! Et pourtant… Je suis encore là et je veux continuer ce métier, donc c’est que ça s’est plutôt bien passé !

Néanmoins, attention, les conseils que je vous donne ont été valables pour moi, j’ai commencé dans un établissement relativement calme, en campagne !

1. La tenue !

Alors, vous vous poserez sûrement la question et vous entendrez : Surtout ne t’habille pas comme un.e élève ! Ok, je suis d’accord, pour le premier jour. Je suis venue tout de même avec une allure très simple : un jean, une blouse, des talons. Vous voulez mettre des baskets ? Mettez des baskets. Le but c’est que vous vous sentiez bien ! Si vous êtes en train de reluquer votre tenue toutes les 30 secondes ou que vous avez du mal à tenir sur vos talons, ou que vos chaussures cirées toutes neuves vous font mal, vous serez absorbé.e pas par vos élèves, mais par votre allure ! Résultat, un an après, je mets autant de basket que de talons, et de toute façon, à chaque fois, on me prend pour une élève donc !

2. La préparation.

Si vous le pouvez, essayez de préparer vos cours à l’avance, même si je sais que ce n’est pas toujours possible. Personnellement, j’attaque avec une petite vidéo, une musique ou une mise en commun associée au thème que vous allez commencer selon votre matière. Ca permet de les garder calmes et de leur donner envie !

3. Pas de stress, y a point S.

Si c’est possible, épargnez-vous du stress. Rencontrez l’équipe pédagogique avant, demandez à avoir les clés, payez votre cantine si vous comptez manger sur place, essayez d’ouvrir votre salle et vérifiez que le matériel informatique fonctionne : pc, rétro-projecteurs ainsi que vos comptes ENT, webmail académique, Pronote, Sacoche ou que sais-je encore… N’oubliez pas non plus de demander les codes (s’il y en a !) de l’imprimante et de faire vos photocopies à l’avance…

4. Les monstres dans l’arène : avant l’entrée.

C’est bon ? Vous êtes prêts ? Tout fonctionne, vous êtes en position d’attaque avec vos polycopiés à la main ? Génial ! Mais ils ne sont pas encore rentrés et là, ça commence. Alors, selon les établissements, soit les élèves montent seuls en classe, soit il faut que vous alliez vous-mêmes les chercher dans la cour, et comme c’est votre premier jour et qu’ils ont besoin de voir votre tête, pas de panique, ils seront bien rangés pour cette journée ! En ce qui me concerne, ils se mettent en rang devant la salle avant de rentrer, et j’attends le silence. Faites leur comprendre selon votre façon de faire : pour ma part, je donne de la voix sans hurler, mais vous pouvez aussi attendre tout simplement, faire une petite remarque ou autre… Chacun son truc ! Le but ? Qu’ils soient calmes avant d’entrer. Ils s’installent ensuite dans le calme et attendent votre aval pour s’asseoir et sortir leurs affaires. Ils se sont déjà assis ? Soit cela vous convient, soit vous leur dites que ça ne fonctionne pas comme ça. Ne les braquez pas, ils s’habitueront à vous avec le temps !

5. Les fauves sont dans la cage.

(Si vous ne connaissez pas ce film, il s’agit d’Ecrire pour exister : regardez-le ! Je veux devenir cette prof, et en plus c’est une histoire vraie.)

Ca y est ! Ils sont coincés avec vous pendant une heure ! Ou peut-être deux ! Présentez-vous, sans artifice, vous êtes Monsieur ou Madame Prof. Vous avez des règles à imposer ? Faites-le. Vous êtes assez cool ? Ok, faites leur comprendre que par contre vous attendez la même chose d’eux.

Les règles que moi j’impose quand je rencontre une classe en début ou cours d’année :

  • Vous rentrez dans le calme, et vous attendez avant de vous asseoir.
  • Il y a des devoirs. Vous oubliez ? Une fois ça peut arriver, deux fois aussi, mais le mot tombe. Trois fois ? Vous ferez vos devoirs pendant une heure de colle.
  • Aucune raison d’être renvoyé.e de mon cours, sauf si vous vous moquez d’un.e de vos camarades. Retenez-le bien, je ne passerai pas par 4 chemins et vous irez directement en parler avec [Mr le directeur ou Mme la directrice.]
  • Vous avez le droit de boire de l’eau en classe, surtout si vous êtes en train de vous étouffer : pas de mort dans ma salle. En revanche, on ne mange pas. Et si vous avez un chewing-gum, ne vous faites pas attraper, pas de ruminants dans la salle.
  • Pour les gros contrôles, vous êtes prévenus une semaine à l’avance. Pour les petites, on s’arrange selon vos emplois du temps et le mien.

Attention : Il s’agit de MES règles et de MES tolérances ! Vous ne supportez pas les chewing-gum ? Dites leur. Ils n’ont pas le droit de boire ? Dites leur également. Vous avez une autre façon de fonctionner pour les devoirs ? Pas de soucis.

Pourquoi je ne parle pas des bavardages etc : parce qu’ils le feront bien assez tôt, je saurai leur rappeler pourquoi ils sont là. Pour les autres situations : je ne parle pas des choses qu’ils ne devraient pas avoir en tête et qui n’arrivent pas fréquemment dans une classe. Pour donner un exemple, je ne parle pas de respect envers le prof si la situation ne l’exige pas.

Assurez-vous que les règles soient claires pour tout le monde. C’est le cas et personne ne bronche ? Ok, détendez-vous, et si vous avez envie de faire une petite blague, ne vous en privez pas ! Il ne vous reste plus qu’à présenter (si vous le pouvez !) ce que vous allez faire dans l’année OU si vous êtes sur un remplacement, demander (si vous n’avez pas eu de contact avec le ou la titulaire) où ils en sont, leur rappeler ce qu’ils ont fait récemment etc.

Tout est bien mis en place ? Ok, on se remet dedans pendant que vous faites l’appel, ils relisent leur cours, un texte, ils regardent un tableau… et le tout en silence ! Vous pouvez demander à ce qu’ils mettent des petits papiers pour qu’ils ne vous rappellent toutes les 30 secondes leur prénom ! (Sincèrement, je dois le faire les deux premières heures, ensuite, ils répètent. Oups.)

6. La fin du cours.

Si vous le pouvez, sachant que personnellement, ça n’a pas été fait les premières fois… Faites leur écrire leur devoir à l’avance, avant la sonnerie ! Il y a de grandes chances pour que la sonnerie court-circuitent les neurones de nos chères têtes blondes et la fois d’après : oups, j’ai pas fait mes devoirs. Vous aurez peut-être un ENT ou Pronote, qui vous permettra de mettre les choses importantes que vous avez fait en cours ainsi que les devoirs pour la prochaine fois, cela leur permet de vérifier.

Petite chose : Ne les laissez pas se lever si vous ne leur en avait pas donné l’autorisation et que vous êtes encore en train de parler ! La cloche c’est vous ! (Ne dites surtout pas ça ! Parlez plutôt de sonnerie ! Sauf si vous avez de l’humour, allez-y.)

 

Vous êtes encore en vie ? Félicitations ! Allez, on y retourne, la deuxième classe de 5e arrive avec à son bord : Kévin, le bavard qui vous fout tous vos cours en l’air ! Mais ça, on en parlera la prochaine fois. Pourquoi la prochaine fois ? Parce que Kévin ne se montrera probablement sous son plus beau jour au premier cours !

Disclaimer : Kévin a été un élève charmant chez moi, ne vous fiez pas au prénom !

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Comment devenir professeur ?

Bonjour ! 

Aujourd’hui, je vais répondre à la fameuse question qui a pu revenir de nombreuses fois parmi mes proches et parmi les personnes qui me lisent : Mais comment as-tu pu devenir professeure à 21 ans ?! 

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Avant tout, il faut savoir que je ne suis pas passée par la voie dite « classique ». Je n’ai pas mon concours, ce qui signifie que je ne suis pas titulaire. Je suis contractuelle, je fais donc des remplacements. Ces remplacements peuvent durer de deux semaines à toute l’année.

Lorsque vous voulez devenir professeur, techniquement, vous devez passer un Master qui vous préparera à passer le CAPES ou CRPE (pour les professeurs des écoles) de votre choix. Pour ma part, ce qui me concerne, c’est le CAPES de lettres modernes. Vous pouvez passer ce concours pour l’éducation nationale publique, pour ce qui est du privé, un autre concours est possible. Mais en tout et pour tout, dans le public, vous aurez trois possibilités différentes pour obtenir le fameux sésame.

  • Le concours externe.

Ce concours est celui qui se passe (pour l’instant) après la première année de Master. Si vous obtenez votre concours, vous passez alors en seconde année en tant que stagiaire. Vous devrez faire 9h devant élèves par semaine, et le reste du temps vous irez à l’ESPE : l’école de formation pour les professeurs.

  • Le concours interne.

Voici celui que je souhaite passer. Pour passer le concours interne, on vous demandera d’avoir au minimum un BAC +3, c’est-à-dire un niveau licence. De plus, on vous demandera d’avoir trois ans d’expérience (ou deux selon les académies) pour pouvoir passer ce concours qui ne ressemble pas au CAPES habituel. Vous devrez faire un dossier, que vous enverrez, et suite à ce dossier, si vous êtes admissible, vous passerez un oral. Attention, il ne faut pas avoir plus de 3 mois de coupure entre deux contrats, sinon vous retomberez à 0 pour ce qui est de votre expérience.

  • Le troisième concours.

Il s’agit d’un concours qui s’adresse aux sportifs de haut niveau, aux personnes ayant au minimum trois enfants et aux personnages ayant au moins six ans d’expérience dans le privé.

Bon d’accord, c’est bien beau de vous raconter ça, moi je n’ai pas de concours, alors comment j’ai fait ? En réalité, j’ai juste envoyé mon CV et une lettre de motivation au rectorat de mon académie. Après un entretien axé sur ma matière, on m’a jugée apte à enseigner en collège et en lycée. Depuis, je suis allée dans plusieurs établissements, et j’ai exercé les mêmes fonctions qu’un titulaire. La différence étant que j’enchaîne les CDD et lorsque mon contrat est terminé, s’il n’y a pas de poste dans mon secteur, je suis donc au chômage jusqu’à ce que le rectorat me contacte pour me proposer quelque chose. Néanmoins, mes vacances sont payées au prorata, ce qui signifie que si j’ai suffisamment travaillé, mes grandes vacances sont payées au même titre qu’un titulaire. Et si mes contrats ne se sont pas arrêtés entre les petites vacances, je suis également payée. Cependant, attention ! Cela n’est pas pareil pour toutes les académies, renseignez-vous bien !

Voilà, j’ai voulu commencer cette nouvelle catégorie par des « bases ». Si vous avez des idées d’article, des questions ou autre, j’y répondrais avec plaisir ! J’espère que cette nouvelle catégorie vous plait et pourra aider certains d’entre-vous.

Bonne journée !