Être contractuel.le·Tribulations

Les changements d’établissements.

Bonjour !

Aujourd’hui j’ai eu envie de vous parler de ce qui est le plus dur à soutenir dans le fait d’être professeur contractuel : les changements d’établissements et tout ce qui s’y prête par la suite…

Pourquoi je change toujours d’établissement ? 

Jusque-là, je n’ai pas eu de contrats à l’année, j’enchaîne les CDD c’est-à-dire les remplacements de titulaire. Mes titulaires sont généralement malades, enceintes, ou autre… Ce qui signifie qu’il s’agit de personnes qui reviennent au cours de l’année à chaque fois. Cette année par exemple, j’ai donc changé 6 fois d’établissements. J’ai eu la chance d’avoir toujours du travail dans l’année hormis pendant deux semaines et demi, ce qui n’est pas énorme si on pense à l’année complète. Je ne me plains pas d’avoir du boulot, bien au contraire, mais changer d’établissement aussi souvent entraîne de nombreuses conséquences et surtout des avantages comme des inconvénients.

Je vais vous parler des avantages en premier.

C’est ce qui me tiens le moins à coeur. J’ai rarement été heureuse de changer d’établissement. La première fois que ça m’est arrivée en début d’année, je pleurais, mais j’essayais de me rassurer comme je le pouvais. C’était l’occasion de découvrir comment cela se passait dans d’autres collèges, de changer de niveau, ou encore de passer dans le post BAC comme j’ai pu le faire au mois de mai. Cependant, je me suis aussi rassurée en me rappelant que sur les 4 classes que j’avais, j’en avais une avec laquelle je ne m’entendais pas. Je faisais cours normalement, mais je passais énormément de temps à faire la loi et il était impossible de se détendre, je n’étais pas heureuse de les avoir en classe car même les activités sympathiques que je tentais tournaient au fiasco car ça ne les intéressait pas le moins du monde. Ca m’a permis, si j’ose dire, de récupérer d’autres classes, avec lesquelles ça s’est très bien passée pour les trois différentes. C’est aussi l’occasion de changer du tout au tout d’endroit : je suis parfois plus proche de chez moi, ou plus loin. Des fois je suis à la campagne, et des fois à la ville. J’ai aussi fait de belles rencontres au sein des collègues enseignants, de la vie scolaire mais aussi auprès des élèves, des parents et de l’administration. J’ai notamment une directrice que je porte infiniment dans mon coeur pour sa gentillesse et son assurance. Pour ça, oui, c’est vrai, j’étais heureuse de changer d’établissement, et dans les 6 établissements faits dans l’année, il y en a 2 dans lesquels je demanderai une mutation si je réussis à obtenir le CAPES.

Bah ça a l’air pas mal en fait ! Et les inconvénients ?!

Les inconvénients… Ils sont nombreux. D’un point de vue personnel, je m’attache énormément à mes élèves, c’est toujours dire de les quitter, et c’est pareil pour certains collègues. Cependant, même en dehors de mon propos personnel et de ma façon de voir les choses, il y a aussi le fait que vous n’avez pas le temps d’avoir l’avancée de vos élèves. Vous ne les voyez pas réussir leur examen non plus quand vous êtes avec des lycéens, des BTS ou encore des 3ème… C’est quelque chose que j’ai du mal à vivre : je ne vois pas le fruit « final » de mon travail. Je n’ai pas non plus toujours l’occasion de suivre les parents qui me demandent de l’aide, ou les activités qui ont lieues au sein des établissements…

Mais il y a aussi le fait de se ré-adapter à chaque fois pour différentes choses : les collègues, l’établissement (je me perds facilement…), la manière de noter (compétences ou note, ou même les deux !), les élèves, la politique de l’établissement… Je recommence tout à chaque fois. Je dois re faire ma réputation auprès des élèves dans chaque établissement. Je recommence mes efforts de communication avec la vie scolaire, les enseignants, l’administration à chaque fois. C’est sincèrement épuisant, intéressant oui ! Mais épuisant tout de même… C’est une nouvelle routine qui s’installe et qui parfois ne dure qu’une semaine ou deux.

Cette année, pour vous donner une idée, j’ai changé 6 fois d’établissement même s’il y en a un dans lequel je suis revenue deux fois, ce qui fait 5 établissements différents… Donc 5 reprises de fonction dans des établissements très différents : collèges de campagne, de ville, lycée avec des post-BAC… 

[Coup de gueule]. Alors quand j’entends dire que les contractuels ne sont que des bons à rien qui ne se foulent pas, désolée, mais j’ai du mal à l’encaisser… Je mets au défi les titulaires comme les personnes travaillent hors enseignement, dans le privé, d’avoir le courage, la patience, et l’énergie pour changer 6 fois d’usine / pharmacie / collège / lycée / … dans l’année, sans voir le fruit de leur travail et sans l’avoir demandé.

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