Chroniques

[CHRONIQUE] Inaccessibles T2 : Vertiges

Inaccessibles T2 : Vertiges

Auteur : Katharine McGee

Série : Inaccessibles

Editeur : Michel Lafon

Nombre de pages : 396

Genre : Dystopie / Young Adult

Lecture en partenariat avec Michel Lafon, encore merci à eux. ♥

Attention risque de spoiler si vous n’avez lu le premier tome.

 

Depuis la mort d’Eris, Leda est hantée par cette nuit tragique au millième étage de la Tour. Effrayée à l’idée que la vérité puisse faire surface, elle demande à Watt d’en surveiller les témoins. Mais ce dernier a d’autres projets en tête…

Rylin est admise dans une école des étages supérieurs. Là-bas, elle sera forcée de retrouver celui à qui elle a brisé le cœur malgré elle.

Pendant ce temps, Avery fait tout pour être avec celui qu’elle aime. Mais existe-t-il un seul endroit au monde où ils pourront être ensemble en toute liberté ?

Tout juste arrivée à New York, la belle et mystérieuse Calliope gagne trop facilement la confiance de ses nouveaux amis…

 

Mon avis.

J’avais apprécié le premier tome, mais j’étais restée sur ma faim pendant une bonne partie de l’histoire jusqu’aux rebondissements qui avaient eu lieu dans les cent dernières pages, c’est ce qui m’a poussé à lire le second tome. Et ce second tome ne fait pas exception à la règle. Encore une fois, la couverture est magnifique, encore une fois, j’ai stagné un long moment dans cette lecture.

Je l’ai bien plus apprécié que le premier, notamment grâce à la présence de nouveaux personnages tels que Calliope ! Mais je me suis quand même demandée où était passée Mariel pendant presque tout le livre, à tel point que… J’ai fini par l’oublier ! On a encore une histoire qui continue à se mettre en place mais qui est longue à venir… Encore une fois, j’ai envie de lire ce dernier tome, mais encore une fois, c’est pour tous les rebondissements qui ont lieu dans la dernière centaine de pages. Cependant, je me suis bien plus attachée aux personnages que la première fois. Si je ne porte pas Callie dans mon coeur, ma vision de Leda a bien changé et celle sur Atlas également ! Je trouve que l’auteure nous emmène encore plus dans la vie des personnages, dans leur façon de penser. Et elle fait en sorte que nous puissions les découvrir sous un autre jour.

Je me repère bien mieux dans ce second tome par rapport aux liens entre les personnages et aux lieux de l’histoire. Ce qui fait que cette lecture a été beaucoup plus sympa pour moi, et bien moins fastidieuse que la première ! Ce n’est pas un coup de coeur, néanmoins j’ai passé un bon moment même si j’ai mis du temps à terminer cette lecture. (Deux mois pour être précise.) J’ai été à la fois occupée et en même temps, c’est une série que je ne parviens pas à dévorer tant que je n’ai pas atteint les 250 pages… Ce qui, pour ma part, est réellement frustrant !

Encore une fois, c’est un avis partagé entre l’attente qu’il se passe réellement quelque chose pendant toute la première partie du livre, et les rebondissements qui font que j’ai dévorer les dernières 100 pages en quelques heures alors que je tournais en rond depuis plus d’un mois pour terminer ma lecture… Évidemment, encore une fois je lirai le troisième tome, car je l’attend avec impatience. J’espère que celui-ci rentrera plus vite dans le vif du sujet et dans le côté Gossip Girl, trahisons, mensonges, que j’aime tant !

Note : ♥♥♥♥♥

 

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Chroniques

[CHRONIQUE] A Silent Voice.

A Silent Voice.

Bonjour, aujourd’hui petite chronique un petit peu spéciale, parce que je vais vous parler non seulement de manga, de harcèlement scolaire, et je vais mélanger à ça mes premières expériences en tant que professeure de français.

Auteur : Yoshitoki Oima

Editeur : Ki-Oon

Genre : Shônen

Nombre de pages : 192

Résumé : Shoko Nishimiya est sourde depuis sa naissance. Même équipée d’un appareil auditif, elle peine à saisir les conversations, à comprendre ce qui se passe autour d’elle. Effrayé par ce handicap, son père a fini par l’abandonner, laissant sa mère l’élever seule. Quand Shoko est transférée dans une nouvelle école, elle s’emploie à surmonter ses difficultés mais, malgré ses efforts pour s’intégrer dans ce nouvel environnement, rien n’y fait : les persécutions se multiplient, menées par Shoya Ishida, le leader de la classe. Tour à tour intrigué, fasciné, puis finalement exaspéré par cette jeune fille qui ne sait pas communiquer avec sa voix, Shoya décide de consacrer toute son énergie à lui rendre la vie impossible. Psychologiques puis physiques, les agressions du jeune garçon se font de plus en plus violentes… jusqu’au jour où la brimade de trop provoque une plainte de la famille de Shoko, ainsi que l’intervention du directeur de l’école. À cet instant, tout bascule pour Shoya : ses camarades, qui jusque-là ne manquaient pas eux non plus une occasion de tourmenter la jeune fille, vont se retourner contre lui et le désigner comme seul responsable…

Mes élèves sont fans de manga, et moi aussi. Mais malgré cette apparence bien heureuse subsiste quelque chose que nous sommes nombreux à connaître : Le harcèlement scolaire. Les enfants ne sont pas tendres entre eux, et ce n’est pas nouveau. Et malheureusement, c’est quelque chose que je retrouve énormément dans mes classes. Notamment en 4e. Si en 5e ils sont plus doux entre eux, je n’ose pas imaginer ce qui pourrait se passer par la suite. J’ai alors décidé de profiter du fait que j’avais mes deux classes mélangées en petit effectif suite à un voyage scolaire pour parler du harcèlement. J’ai notamment commencé à passer le film animé A Silent Voice disponible sur Youtube en VOSTFR.

Ayant des élèves très atteints par ce sujet, je n’ai passé que le début, et leur ai appris que s’ils voulaient poursuivre par eux-mêmes, non seulement l’animé était disponible sur Youtube, mais en plus, que c’était un manga à l’origine… Moi-même, je me suis décidée à acheter les deux premiers tomes, pour pouvoir en reparler avec eux à l’occasion. J’avais déjà eu la chance de voir que l’animé les avait marqué et en avait fait réfléchir certains. Mais je ne vous cache pas que ça n’a pas été le cas pour tout le monde…

Je viens donc de terminer le premier tome de ce manga, il y a à peine quelques heures. Et ça a été très intense. On retrouve cette fille, différente des autres, tellement douce, tellement gentille ! Et face à elle, un garçon qui ne fait que la harceler, lui faire du mal, l’humilier. Les autres se rendent complices de tout cela, en ne parlant pas, en rigolant lors des bêtises que celui-ci peut faire. C’est un aspect que j’ai apprécié pouvoir développer avec mes élèves car ils ne se rendaient pas tous compte que le fait de ne rien dire s’apparentait aussi à l’harcèlement. Jusqu’au jour où la famille de Shoko se plaint des traitements qu’elle subit. A ce moment-là, la peur des autres va se retourner sur le principal harceleur, alors qu’il n’était pourtant pas le seul. Shoya va se retrouver malgré lui à la place de Shoko, jour après jour, sans que personne ne le croit. Sans que personne ne réagisse. On se retrouve avec le fameux arroseur arrosé, et cela va le poursuivre pendant très longtemps. Dans ce manga, j’ai aimé la tendresse qui se dégageait, j’ai aimé qu’on parle du harceleur qui s’ennuie, qui a peur, qui ne semble pas réaliser ce qu’il fait. Et qui pourtant, va devoir se confronter aux actes qu’il a commis.

Ce que j’ai aimé présenter aux élèves à travers ce personnage, c’est qu’on peut faire des erreurs, mais que le coup de bâton derrière peut-être très violent. Cependant, cela ne veut pas dire qu’on est profondément mauvais ! Mais il y a des conséquences derrière, à la fois pour la personne qu’on a fait souffrir, et aussi pour soi. C’est trop simple de se réfugier derrière son âge quand les choses tournent mal. Et on ne peut pas compter sur les personnes qui ont fait les bêtises avec nous : elles ne nous défendront pas si elles risquent quelques chose. Mais les erreurs peuvent être pardonnées avec des excuses tant qu’il en est encore temps, ou encore un changement de comportement. Il ne s’agit pas de juger les élèves qui ont pu faire subir ce harcèlement avant, mais de leur faire comprendre que tout se sait, que tout se retourne contre vous un jour ou l’autre, et qu’il vaut mieux réaliser ce qui se passe et changer, que devoir subir ce retournement de situation.

On a vraiment une belle ode à l’amitié dans ce manga, à la tendresse, à l’amour entre tous, peu importe les différences. Les enfants comprennent également ce qui peut se passer. Car leur parler nous-mêmes des actes qui peuvent être terribles derrière ne suffit pas. Certains ont la chance, et j’espère qu’ils l’auront toujours, de ne pas connaître des personnes qui ont fait des tentatives de suicide, ou alors pire, qui ont réussi. Et je les ai envie profondément, je leur souhaite que ça n’arrive jamais. Mais de ce fait, ils ont du mal à croire que c’est réel. C’est plus facile de passer par un animé, par des mangas, parce qu’on retrouve des supports qu’ils apprécient beaucoup, en tout cas pour les miens. C’est une belle manière de parler de ce qui est encore tabou en classe. Tabou car j’ai rarement des élèves qui osent dire les choses, qui osent se manifester. Parfois, notre parole ne suffit pas, elle est trop brut, pas assez nuancée, pas assez réelle pour eux. Et cet animé, ainsi que le manga m’ont beaucoup aidé à leur parler. Et ça les a aidé à comprendre aussi qu’on est complice si on ne fait rien, si on rigole. J’ai pu voir une élève réintégrée dans les groupes au moins dans les travaux en classe suite à ce film. C’est important d’en parler, et c’est une très belle chose qu’on aborde ce sujet en manga. Ca a été un véritable coup de cœur pour moi, en temps que lectrice, et en tant qu’enseignante au collège.

Note : ♥♥♥♥♥